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En apparence, le chômage est moins élevé en Grande Bretagne, où le libéralisme est à l'oeuvre depuis dix-sept ans (y compris la variante "travailliste"), qu'en France, et le taux du chômage a diminué. Mais qu'en est-il en réalité et à quel prix ? Cependant, la façon de compter les chômeurs en Grande Bretagne est très différente de celle utilisée en France et certaines études britanniques dénombrent deux à trois fois plus de chômeurs que les chiffres officiels. Il faut savoir au moins deux choses sur la méthode britannique:
Une explication de la faible importance apparente du chômage britannique réside pour beaucoup dans le fait que, malgré l'augmentation de la population en âge de travailler, la population active diminue du fait:
Entre 1993 et 1995, 41 % de la baisse du chômage est due à une diminution de la population active (287 000 personnes sur 700 000). En 1995:
En Grande Bretagne, si la population active avait évolué en toute logique avec la population en âge de travailler, le nombre de chômeurs aurait augmenté de:
Depuis 1990, la population active diminue de 0,5 à 0,6 % par an (soit 140 000 à 170 000 personnes), malgré la croissance de la population en âge de travailler, y compris en période d'expansion économique, ce qui est une exception dans tous les pays industrialisés. Le chômage officiel britannique reste cependant très important si l'on considère :
De plus, le chômage de longue durée est devenu très important. De 1991 à 1995, le chômage de longue durée (plus d'un an) est passé de 27,1% à 43,2% du chômage total (OCDE). Le chômage britannique n'est pas de courte durée comme le prétendent les tenants du libéralisme. Par ailleurs, en 1995, près d'un quart de l'emploi total est à temps partiel (et salaire partiel) contre 15 % en France.
+ 2,9 % en Grande Bretagne, + 3,3 % en France, + 4,5 % en Allemagne de l'ouest. De 1973 à 1994, alors que l'indice du P.I.B. britannique passait de 100 à 143, celui de l'emploi passait de 100 à 103,7 seulement et malgré une forte substitution d'emplois à temps partiel à la place d'emplois à temps plein.
Pas de congés payés annuels obligatoires. Préavis de licenciement très court. La période d'essai à l'embauche peut aller jusqu'à vingt quatre mois (possibilité d'un licenciement immédiat). Forte proportion d'enfants obligés de travailler, parfois très jeunes, et en plus de leur horaire scolaire, pour aider leur famille à survivre. Sources: Problèmes économiques n° 2502 du 8 janvier 1997, reprenant en particulier une étude de la banque Paribas et une autre de l'IRES (Institut de Recherches Economiques et Sociales). Centre d'Etude sur l'emploi (CEE), étude n° 23, septembre 1997. Statistiques de l'INSEE, enquêtes emploi, BMST (Bulletin Mensuel des Statistiques du Travail). ... et d'autres.
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